L'idée motrice de la composition de notre projet relève le défi de répondre avec un seul geste à la nécessité d'intégration urbaine, à l'optimisation des conditions de confort pour les futurs occupants et à la création d'un complexe convivial et intime. Le projet de la résidence étudiante s’insère dans le tissu urbain du quartier de La Chapelle à Paris et participe à son évolution. La parcelle est située au croisement de la rue Philippe de Girard et de la rue Pajol dans le 18ème arrondissement parisien. Elle se trouve à proximité de la ZAC Pajol, projet ambitieux de rénovation d’un ancien site ferroviaire, où des équipements publics, culturels et sportifs sont en cours de réalisation. Le quartier est composé d’une masse bâtie très hétérogène où des immeubles d’habitation haussmanniens jouxtent des ateliers industriels ou d’artisans. Il se caractérise ainsi par une richesse de situations d’une grande diversité et inhabituel pour la ville de Paris. Le projet se compose de plusieurs bâtiments qui forment des pleins et des vides en fonction du contexte. Sur rue, le projet est reparti en trois volumes de 6 étages séparés par deux failles qui servent comme accès à la résidence et comme circulation verticale. En fond de parcelle, les bâtiments comportent des hauteurs différentes suivant les bâtiments voisins. Au milieu, une cour dégagée prend la lumière par une faille située au niveau du bâtiment sud, également prolongement d’un vide existant. La cour devient le véritable cœur du projet. Elle donne accès aux différents bâtiments et définit leur rapport. Grâce à la générosité de ses dimensions, un carré de 15x15 m, la cour est source d’ensoleillement naturel pour les logements, une sorte de poumon vert. La stratégie d’une dualité entre la rue et la cour est poursuivie par le choix des matériaux. Ainsi, les façades ne donnent pas une seule image au projet mais participent à la création d’ambiances diverses des espaces qu’elles enveloppent et clôturent. Les bâtiments sur rue ont un bardage en brique foncé de couleur ardoise. Les bâtiments sur cour disposent d’un bardage en bois mélèze avec des volets persiennes pliables devant les fenêtres et les balcons. La façade longeant le passage d’entrée est également revêtue d’un bardage en mélèze et annonce la qualité de l’espace intérieur. Toutes les surfaces du sol ainsi que celles des murs dans la cour sont revêtues du même matériel claire et souple, normalement utilisé pour les terrains de jeu. De manière générale, les espaces vides de la cour et des circulations pourraient être qualifiés de « junkspace » comme le produit secondaire résultant des partis pris des espaces bâtis. L’ambition de ce projet a été de rendre ces espaces tellement qualitatifs afin de créer un véritable « plus » pour les habitants. A coté des espaces communs et en tampon entre les espaces privatifs, les espaces extérieurs ne se limitent pas seulement au service de la distribution. Ils prennent leur sens dans un souci de convivialité qui devra habiter le projet. Ces espaces entretiennent une ambiguïté sur leurs usages qui restent à développer au sein de la résidence. Le programme prévoit la construction d’une résidence étudiante d’environ 150 chambres, des locaux communs et administratifs ainsi qu’un logement de fonction. La RIVP agit en tant que maître d’ouvrage pour le CROUS qui va gérer la résidence. L’accès à la résidence se fait par la faille gauche. Le visiteur y retrouve successivement les espaces d’accueil, les locaux administratifs, les services communs et des salles de convivialité et d’étude ouverts sur la cour. Les 143 chambres sont reparties en trois typologies. Les étudiants ont à leur disposition des chambres meublées d’une surface moyenne de 18m² équipées d’une salle d’eau et d’un coin cuisine. La vue sur la cour offre une atmosphère calme, apte à la concentration et aux études. Les bureaux sont toujours situés proche des vues extérieures afin de bénéficier de l’éclairage naturel. 10 chambres ont été spécialement aménagées pour accueillir des personnes à mobilité réduite. Le projet répond aux exigences du label « Habitat et Environnement », THPE. Compacité, traitement de l’enveloppe et apports solaires couplés à une ventilation performante ainsi qu’à un système de chauffage à bon rendement (chauffage urbain plus panneaux solaires) permettent de proposer des logements agréables et confortables. La structure béton avec isolation de 12cm par l’extérieur en laine minérale et un parement en brique ou bois associé à des menuiseries performantes avec double vitrage, permet une isolation thermique efficace. En hiver la masse à l’intérieur conserve la chaleur produite, en été, l’isolation extérieure réduit les apports solaires et la surchauffe interne et l’inertie permettent de capter les pics de chaleur la journée et de se décharger la nuit.
Après 18 mois de suivi de chantier, Sebastian Niemann nous livre quelques chiffres: 1657 emails reçus, 69 comptes rendus de réunion de chantier, 68 jours d’intempéries + 6 jours de grèves générales, 3 mètres linéaires de documents d’exécution visés,12 mises à jour des plans niveaux, 32 propositions pour la signalétique,125 pages de compte rendu OPR en 13 jours. Retrouvez ici quelques images du chantier.