L'extension du Musée Sprengel d'Hanovre propose un véritable potentiel de changement dans la façon dont le musée doit être vécu avec le lieu qu'il habite. Posé sur un socle, le musée se détache comme un lieu sacralisé, un bâtiment ordonné autour d'une rue longitudinale qui découperait en espaces isolés ce lieu d'exposition. Notre proposition cherche à faire participer le site avec son entourage immédiat, celui d'un bâtiment, d'une topographie qui exprime un vécu et celle d'une perspective contemporaine qui rayonnerait sur la ville, le lac, le jardin, son socle. Par sa verticalité, ce projet accepte de répondre en un seul geste à tous les défis : la connexion, la mise en valeur du socle, la visibilité de l'institution, le renouvellement de son image, l'invention d'une offre d'espaces d'expositions diverses et flexibles, le dialogue avec l'existant, un jardin d'exposition et son carrousel. Par le potentiel de notre proposition, nous concevons non pas le musée comme une architecture recomposée mais comme une entité globale qui se nourrirait mutuellement de leurs héritages respectifs. La multiplication des points de vues qui définissent traditionnellement l'approche cubiste en peinture est ici appliquée dans sa logique architecturale : le musée annonce sa présence à la ville de son scintillement tout comme il permet au lac, à la ville, et aux nouveaux espaces conquis, de s'inviter en son sein. A la lecture de sa façade, chaque point de vue nous propose un échange permanent, et l'expérience d'un jeu cinétique avec ce nouveau bâtiment. Dans le parcours vertical qui se structurent par l'empilement et le décalage des volumes, les salles d'expositions proposent une très forte possibilité de modularité et d'altérité : Fermés, ces volumes offrent le plus pur des "white cube", espace conceptuel et classique d'exposition. Décalés, ils dégagent entre les salles d'exposition des espaces de pause baignés de lumière naturelle. Balcons d'ouverture sur le paysage ou comme havre de repos, ils deviennent des espaces à part entière du parcours muséal. Ouverts, ils font dialoguer les œuvres avec le paysage de la ville avec qui elles se reflètent. Les jardins proposent un espace alternatif d'exposition monumental et une continuité de la visite. Paysage diffus, les volumes végétaux dépassent la taille des visiteurs et offrent une matière vibrante, vivante et humide. Le sol est traité en graviers. Les assises sont nombreuses et invitent à s'y allonger. Le nouveau musée est ainsi complet, multiple et ouvert aux visiteurs qui complètent de leur présence l'intention culturelle du bâtiment.